ALETEIA Magazine Sample 1

Décembre NOTRE-DAME Les grandes retrouvailles CINQ ANS APRÈS L’INCENDIE qui a bouleversé la France et le monde, Notre-Dame de Paris rouvre ses portes les 7 et 8 décembre 2024. De l’inauguration en grande pompe à la première messe dans la cathédrale, immersion au cœur d’un week-end historique. par Mathilde de Robien Tel un vaisseau dans la nuit, la cathédrale Notre-Dame de Paris illumine le monde au soir de sa réouverture. Sa flèche, restaurée à l’identique, pointe vers le Ciel. 12 Aleteia - L’année 2025 L’année 2025 - Aleteia 13

modèle de la foi, ouvre tes portes pour rassembler dans la joie les enfants de Dieu dispersés. » Avec sa crosse, il frappe à trois reprises sur les lourdes portes. En guise de réponse, la Maîtrise de la cathédrale entonne le psaume consacré à la dédicace des églises. Les portes s’ouvrent enfin. L’archevêque entre, suivi du couple présidentiel et de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Dans l’assemblée composée de nombreux chefs d’État, Donald Trump, fraîchement réélu aux États-Unis, et Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, attirent tous les regards. Les deux hommes se sont rencontrés quelques heures plus tôt à l’Élysée en présence d’Emmanuel Macron, sur fond de guerre en Ukraine. Leur poignée de main, associée à la renaissance de Notre-Dame, laisse alors espérer une paix prochaine… Dans un discours initialement prévu à l’extérieur de la cathédrale – comme le souhaitait l’archevêché de Paris – mais qui a finalement lieu à l’intérieur en raison de la météo, Emmanuel Macron exprime sa gratitude : « Gratitude à l’égard de tous ceux qui ont sauvé et rebâti Notre-Dame de Paris, gratitude à l’égard de tous ceux qui sont présents au moment où nous nous apprêtons à la rendre aux catholiques, à Paris, à la France et au monde entier. » Les bannières, représentant les 106 paroisses parisiennes, entrent en procession. Une valse de couleurs et de matières, à laquelle se mêlent Ci-dessus, Mgr Laurent Ulrich frappe avec sa crosse sur la porte de Notre-Dame. À droite, des fidèles en prière assistent sous la pluie à la cérémonie. En bas, Donald Trump, Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy ou encore François Hollande écoutent la prière de l’archevêque de Paris. Décembre 14 Aleteia - L’année 2025 L’année 2025 - Aleteia 15 Les grands édifices, comme les grandes montagnes, sont l’ouvrage des siècles », écrivait Victor Hugo. Et parmi les siècles qui ont bâti Notre-Dame, l’histoire retiendra sans doute ces cinq années qui auront rendu à la cathédrale de Paris tout l’éclat qui lui est dû. Le 15 avril 2019, au soir du Lundi saint, un terrible incendie consumait l’antique charpente et faisait chavirer la flèche de Viollet-le-Duc. En ce week-end de décembre 2024, les images rougeoyantes de Notre-Dame dévorée par les flammes ne sont plus qu’un lointain souvenir. Après cinq ans de travaux, la cathédrale rouvre solennellement ses portes. Un pari fou, lancé par le président de la République Emmanuel Macron au lendemain de l’incendie. Un exploit brillamment réalisé par le général Jean-Louis Georgelin, qui a piloté la restauration jusqu’à sa mort en 2023, et par les 2 000 artisans qui ont œuvré sans relâche sur ce chantier d’exception. Le 7 décembre, les grands de ce monde affluent au pied de Notre-Dame. Huit millions de Français allument leur poste de télévision. Tous attendent, avec une curiosité mêlée d’impatience, que la belle Dame se dévoile enfin. « Éveille-toi, orgue, instrument sacré » Samedi 7 décembre. Le vent se déchaîne, le froid est mordant, la pluie glaciale, mais cela n’empêche pas quelque 4000 personnes de se presser aux abords de la cathédrale dès le milieu de l’après-midi. Peu avant 19 heures, une quarantaine de chefs d’État arrivent, accueillis sur le parvis par Emmanuel Macron et son épouse. À l’intérieur de la cathédrale, quelques invités privilégiés s’extasient, subjugués par la blondeur minérale de la pierre et l’éclat des vitraux. Il fait nuit dehors mais Notre-Dame dégage une lumière dont nul n’a été témoin depuis des siècles. Soudain, le bourdon de la cathédrale résonne. La voix de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, s’élève à l’extérieur de la cathédrale. « Notre-Dame, « les chasubles colorées des prêtres, dessinées par Jean-Charles de Castelbajac. Le pape François, alors âgé de 87 ans, n’est pas présent mais plaide, dans un message envoyé pour l’occasion, pour la gratuité de l’entrée de la cathédrale – remise en question par la ministre de la Culture Rachida Dati – et espère que « sa renaissance constituera un signe prophétique du renouveau de l’Église en France ».

Une renaissance symbolisée en cet instant par le réveil de l’orgue et le dialogue qui s’ensuit entre Mgr Ulrich et l’instrument : « Éveille-toi, orgue, instrument sacré, entonne la louange de Dieu ! » Sa voix puissante emplit toute l’église, inaugurant ainsi la nouvelle vie de l’instrument et de la cathédrale. « La peine du 15 avril est effacée » Dimanche 8 décembre. Dans la clarté de la pierre transparaît la pureté de la Vierge. La fête de l’Immaculée Conception, tombant un dimanche, est reportée au lendemain. Mgr Ulrich s’apprête à célébrer la première messe depuis l’incendie et à consacrer le nouvel autel et ses 800 kg de bronze, œuvre de Guillaume Bardet, designer du nouveau mobilier liturgique de la cathédrale. À 10 h 30, la cérémonie commence avec la longue procession des bannières, suivie par 170 évêques de France et du monde entier, au son du traditionnel chant « Peuple de Dieu, Cité de l’Emmanuel ». Avec émotion, l’arche16 Aleteia - L’année 2025 Mgr Ulrich élève l’hostie consacrée sur le nouvel autel de bronze, œuvre de Guillaume Bardet. Les chasubles colorées des prêtres ont été dessinées par Jean-Charles de Castelbajac. Décembre vêque accueille les 3 000 fidèles dont Emmanuel Macron – qui ne communiera pas, laïcité oblige – et son épouse. « C’est le Christ lui-même, avec la Vierge Marie sa mère, qui vous accueille ce matin dans cette cathédrale », lance Mgr Ulrich. « Ce matin, affirme-t-il dans son homélie, la peine du 15 avril 2019 est effacée. » Avant la liturgie eucharistique, l’autel est consacré selon un rituel spectaculaire. Les reliques de quatre saints et d’un bienheureux dont l’histoire est liée à l’Église de Paris sont déposées à l’intérieur de l’autel : Marie Eugénie Milleret, Madeleine-Sophie Barat, Catherine Labouré, Charles de Foucauld et Vladimir Ghika. Après la prière de dédicace, Mgr Ulrich, revêtu d’un tablier appelé grémial, oint généreusement l’autel de saint chrême. Puis, en cinq points symbolisant les cinq plaies du Christ sont placés des brûle-parfums d’où s’échappent des volutes d’encens. Tel un pont entre ciel et terre, l’encens s’élève lentement vers les voûtes multiséculaires. Aux flammes destructrices succède le feu purificateur. Le sacrifice de la messe peut désormais être célébré sur l’autel. Notre-Dame est prête à accueillir le Christ ! L’actualité en France Autant être honnête : la nuit de l’incendie de Notre-Dame, j’ai bien dormi. Bien sûr le choc des images vues à la télévision avait été fort, et je m’étais demandé si, en permettant que parte en fumée ce lieu si beau, incomparable symbole du christianisme et de la France — l’un des monuments les plus visités de la planète —, le Seigneur nous adressait un message. Sans doute est-il toujours possible de lire des signes. Néanmoins, il n’y avait pas eu le moindre mort, et j’avais songé aux paroles du Christ devant le Temple : « Il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit. » Benoît XVI, dont l’amour de l’art était immense, avait insisté lui-même lors de sa venue en France en 2008 sur le fait que le christianisme n’était surtout pas la préservation d’une culture passée. Seules la recherche de Dieu et la pratique du commandement de l’amour guident la vie des chrétiens. Tout le reste, même une cathédrale sublime, n’est qu’un moyen, qui doit garder sa juste place. Pourtant, la réouverture de notre cathédrale m’a ébloui et ému, cent fois plus que sa dégradation et sa fermeture ne m’avaient attristé. En entrant dans Notre-Dame restaurée, éclatante de beauté, j’ai rendu grâce non seulement pour le génie humain qui l’avait élevée plus de huit siècles avant nous, mais aussi pour la générosité et le talent qui avaient permis sa résurrection. Surtout, j’ai été frappé comme rarement par la capacité de simples pierres à nous parler de Dieu, et à parler de l’amour de Dieu au monde entier : la déambulation dans la cathédrale est aujourd’hui, mieux qu’avant l’incendie, une traversée offerte à tous, croyants ou non, de leur propre histoire, c’est-à-dire de l’histoire du salut. Le dessein bienveillant de notre créateur, la violence de notre péché, la grandeur des prophètes, et enfin, et surtout, la venue du Fils en notre chair pour nous rétablir dans la vie, voilà le message bouleversant et divin que délivrent les pierres de Notre-Dame — voyez la rosace : le cercle de Dieu infini pris dans le carré de l’homme fini. Or les œuvres d’art de la cathédrale offrent à qui les contemple vraiment un authentique parcours biblique, tout au long des chapelles latérales, en partant de celle qui est au nord-ouest, c’est-à-dire à gauche quand on entre dans l’édifice. Péguy, qui parlait à Notre Dame, la Mère de Dieu, comme il convient de le faire, c’est-à-dire librement, lui présentait notre cathédrale en ces termes : « Étoile de la mer, voici la lourde nef / Où nous ramons tout nuds sous vos commandements ; / Voici notre détresse et nos désarmements ; / Voici le quai du Louvre, et l’écluse, et le bief. » Un peu plus loin dans son poème, il redit combien nous sommes nus, incapables de rien offrir de valable à Dieu : « S’il fallait le charger de nos pauvres vertus, / Ce vaisseau s’en irait vers votre auguste seuil / Plus creux que la noisette après que l’écureuil / L’a laissé retomber de ses ongles pointus. » Alors que mettrons-nous dans Notre-Dame, si nous attendons qu’elle nous conduise jusqu’en Paradis ? La grâce reçue de Dieu certainement, et le poids de nos péchés, sans doute : ce que Notre-Dame de Paris passe son temps à nous dire depuis bientôt mille ans, c’est que notre Dieu nous sauve en s’incarnant. Incarnés que nous sommes, nous avons bien besoin de ces pierres pour entendre le message. Ces pierres dont nous avons besoin Le regard de Jean de Saint-Cheron L’année 2025 - Aleteia 17 Notre-Dame de Paris passe son temps à nous dire depuis bientôt mille ans que notre Dieu nous sauve en s’incarnant. Jean de Saint-Cheron est écrivain et directeur de cabinet du recteur de l’Institut catholique de Paris.

18 Aleteia - L’année 2025 L’année 2025 - Aleteia 19 L’actualité dans le monde L’actualité en France Décembre 14 décembre LE PRÉSIDENT SUD- CORÉEN YOON SUKYEOL EST DESTITUÉ PAR L’ASSEMBLÉE NATIONALE. Début décembre, il avait tenté d’imposer la loi martiale, arguant la menace nord-coréenne et la sécurité nationale. Ses opposants l’accusent de manœuvres politiques. 14 décembre LE CYCLONE CHIDO DÉVASTE L’ARCHIPEL DE MAYOTTE. Des rafales enregistrées à plus de 220 km/h provoquent des dégâts considérables. La catastrophe cause la mort d’au moins 40 personnes et fait des milliers de blessés. 16 décembre LE TOUT PREMIER TRAIN À GRANDE VITESSE RELIANT DIRECTEMENT PARIS À BERLIN S’ÉLANCE DE LA GARE DE L’EST. Il faut un peu plus de 8h pour relier les deux capitales européennes par le rail. Les gares de Strasbourg, Francfort et Karlsruhe sont aussi desservies. 31 décembre LE CINÉMA FRANÇAIS RETROUVE DES COULEURS AVEC 181,3 MILLIONS D’ENTRÉES EN 2024, annonce le Centre national du cinéma (CNC). Avec plus de 10 millions de spectateurs, Un p’tit truc en plus se hisse à la première place, devant le Comte de Monte Cristo. 25 décembre 1535 DÉTENUS S’ÉCHAPPENT DE LA PRISON DE HAUTE SÉCURITÉ DE LA RÉGION DE MAPUTO, capitale du Mozambique. Cette grande évasion est réalisée dans une période de troubles liés à l’élection contestée du président Daniel Chapo. 28 décembre LE CHARGEUR UNIVERSEL USB-C DEVIENT LA NORME POUR LES TÉLÉPHONES PORTABLES, conformément à la réglementation européenne. En plus de la commodité, la commission européenne estime que 11000 tonnes de déchets électroniques seront évitées chaque année. Un sarcophage réinhumé Des équipes françaises découvrent à Louxor un sarcophage réinhumé vieux de 4000 ans. La découverte éclaire la manière dont « les Égyptiens anciens se comportaient vis-àvis du corps momifié et des sépultures de leurs ancêtres lorsqu’ils découvraient des cercueils anciens et qu’ils devaient les exproprier de leur lieu de dernier repos à l’occasion de grands travaux publics », explique Frédéric Colin, de l’Institut d’égyptologie de l’université de Strasbourg. Insolite Record de chaleur en 2024 L’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée depuis 1850. Elle est la première à dépasser la barre des 1,5°C de réchauffement climatique comparé à l’ère préindustrielle – seuil qu’il fallait éviter de franchir, selon l’Accord de Paris de 2015. Un nouveau record de température moyenne quotidienne mondiale a été atteint le 22 juillet 2024, à 17,16°C. « Une action rapide et décisive peut encore modifier la trajectoire de notre climat futur », analyse Carlo Buontempo, directeur du service Copernicus, qui révèlera ces chiffres le 10 janvier. Sous les radars En Syrie, la chute de Bachar al-Assad C’est une offensive fulgurante des rebelles dominés par Hayat Tahrir alCham (Organisation de libération du Levant) qui a mis fin au régime des Assad, le 8 décembre. À la tête de la Syrie depuis l’an 2000, Bachar al-Assad s’est enfui et a trouvé asile à Moscou. Quelques jours plus tôt, l’attaque éclair de groupes rebelles venus de la province d’Idlib (nord-ouest de la Syrie) mettait l’armée syrienne en déroute et prenait le contrôle total de la ville d’Alep. Après treize années d’une effroyable guerre civile, le pays n’est plus qu’un amas de ruines. Le djihadiste Ahmed al-Charaa, l’homme fort du mouvement, devient le nouveau dirigeant syrien. Et l’incertitude plane quant à l’avenir. Du côté de la minorité chrétienne, certains entrevoient des raisons d’espérer. Sous Bachar, « la discrimination était omniprésente dans tous les aspects de la vie », témoignait ainsi à Aleteia Mgr Jacques Mourad, archevêque d’Homs, ex-otage de Daesh en 2015. Le ZOOM La France, destination de choix Plus de 100 millions de visiteurs internationaux ont été accueillis en France au cours de l’année 2024, soit +2% par rapport à l’année précédente. Porté notamment par les Jeux Olympiques et Paralympiques, l’anniversaire des 80 ans du Débarquement de Normandie ou bien la réouverture de NotreDame de Paris, l’Hexagone conforte sa première place au classement des destinations touristiques mondiales. Côté économique, cette attractivité fait du bien puisqu’elle a généré 71 milliards d’euros de recettes, soit 12 % de plus qu’en 2023. Avec plus de 93 millions de visiteurs, l’Espagne se hisse à la deuxième place. Les États-Unis complètent le podium des pays les plus prisés des étrangers, avec un peu plus de 72 millions de touristes. La tendance Il l’a dit « Je n’ignore rien de l’Himalaya qui se dresse devant nous » FRANÇOIS BAYROU Sur le parvis de Matignon, le nouveau Premier ministre s’exprime une semaine après sa nomination par Emmanuel Macron. Devant Michel Barnier, dont le gouvernement a été censuré, le Béarnais alerte sur la question de la dette. Il démissionnera 270 jours plus tard. 20 ans C’est la peine infligée à Dominique Pelicot dans le cadre du procès des viols de Mazan. La Cour criminelle du Vaucluse condamne les 51 hommes accusés d’avoir violé Gisèle Pelicot sur la période allant de 2011 à 2020 en la plaçant dans un sommeil obtenu par soumission chimique. Son exmari, reconnu coupable de tous les faits reprochés, ne fait pas appel. Ses co-accusés sont eux condamnés à des peines allant de 3 à 15 ans de prison. Très médiatisé, le procès de quatre mois au retentissement mondial ne s’est pas tenu à huis clos. Gisèle Pelicot, cadre retraitée de 71 ans, avait dit souhaiter que la honte change de camp et retombe sur ses agresseurs. Un seul condamné fera appel de la décision de la Cour. Dans un procès tenu en octobre 2025, l’homme en question écopera de dix ans de prison, soit une année de plus que sa peine initiale. Le chiffre 8déc. 16 déc. 19 déc. 31 déc. 31 déc. 19 déc.

4 décembre Pour la première fois, L’AUDIENCE GÉNÉRALE DU PAPE EST RÉSUMÉE EN MANDARIN. Le chinois devient la huitième langue à traduire le pape, après le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le portugais, le polonais et l’arabe. 7 décembre LE PAPE FRANÇOIS CRÉE 21 NOUVEAUX CARDINAUX parmi lesquels le Franco- Algérien Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger. Le Belge Dominique Mathieu, archevêque de Téhéran, reçoit lui aussi la pourpre symbolisant le martyre. 18 décembre LE PAPE FRANÇOIS ACCEPTE LA CANONISATION ÉQUIPOLLENTE DE THÉRÈSE DE SAINTAUGUSTIN (17521794) et de ses quinze compagnes. Les seize religieuses carmélites de Compiègne ont été guillotinées durant la Terreur. En image Le 24 décembre 2024, le pape François procède au rite d’ouverture de la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre de Rome, ouvrant ainsi le Jubilé 2025 qui verra quelque 30 millions de pèlerins venir à Rome. L’actualité dans l’Église Décembre 20 Aleteia - L’année 2025 Alexis, Marie et leur crèche XXL Dans l’Aude, Alexis et Marie Guyot ont créé dans leur ferme une immense crèche lumineuse de 1 500 personnages à taille réelle. Le résultat est épatant. Par Bérengère de Portzamparc Rencontre avec… Chaque année, ce sont les mêmes gestes, pour se mettre dans la joie de la venue du Christ. Les maisons et les jardins se parent de guirlandes lumineuses et de crèches faites en famille. Certains ont plus d’imagination en la matière, à l’instar d’Alexis et Marie Guyot, un couple de quadragénaires à la tête d’une ferme agrotouristique dans le petit village de Pieusse, dans l’Aude. L’an dernier, ils ont créé de toutes pièces 265 silhouettes grandeur nature, et donc autant de personnages, toutes cerclées de lumières, pour réaliser ce qui pourrait être la plus grande crèche lumineuse de France ! Leur idée a germé après leur découverte de la crèche lumineuse de Manarola, en Italie. Chaque année, ce village met en scène dans un décor grandiose quelque 300 personnages illuminés par des milliers d’ampoules. Manarola figure même au Guinness des records comme la plus grande crèche illuminée au monde ! De retour en France, Alexis s’est mis à dessiner des dizaines de silhouettes d’hommes et d’animaux occitans avant de passer à l’action : « J’ai trouvé le matériau pour faire mes silhouettes et un professionnel pour la découpe. Il a fallu ensuite trouver 1 000 mètres de guirlandes lumineuses LED et, à la fin, j’ai pris ma perceuse pour faire 12 000 trous pour les attacher », raconte-t-il. Vers un record du monde ? Leur crèche, autonome et écologique – l’alimentation électrique est assurée par des centaines de panneaux solaires –, se veut également pédagogique. Avant d’installer ses silhouettes in situ, Alexis en a embarqué certaines chez des artisans qu’elles représentent et a filmé les protagonistes. Pensez qu’y figurent, entre autres, un chasseur, un potier, une boulangère et même un évêque ! À tous, il a demandé de décrire leur métier et de confier ce que Noël représente pour eux. Fort du succès de la première édition en 2024, la crèche lumineuse d’Alexis et Marie sera encore plus grande cette année. Les visiteurs découvriront cette fois quelque 1 500 personnages, dont 1 100 animaux. Des chiffres qui pourraient bien lui permettre de prétendre à un record du monde ! L’année 2025 - Aleteia 21 Pour la deuxième année consécutive, la crèche de Marie et Alexis sera visible dans leur ferme de l’Aude. 24 déc.

Dans la piété populaire, on peut comprendre comment la foi reçue s’est incarnée dans une culture et continue à se transmettre » : tel est le message que le pape François vient délivrer à Ajaccio, en cette belle journée de décembre. Les paroles du pontife, prononcées en conclusion d’un congrès consacré à la religiosité populaire auquel l’a invité le cardinal François Bustillo, évêque des lieux, trouvent un bel écho dans les vivats de la foule, accompagnant le passage de « Papa Francescu » durant toute la journée. Il faut voir l’émotion de Jeanne Mari, 108 ans, doyenne de la cité impériale, les yeux baignés de larmes après que le pape s’est arrêté pour la bénir. « Je ne pensais pas que je vivrais ça un jour », confie-t-elle, toute tremblante de joie. Les Corses retiendront beaucoup de belles choses de cette visite : l’appel, un poil provocateur, du pape en faveur d’une « saine laïcité », les splendides chants traditionnels des confréries, le soleil, insolent à dix jours de Noël, qui illuminait la baie. Il y a aussi l’émouvante prière du pontife devant la Madunnuccia, la Madone protectrice « au cœur si suave et si doux » qui veille depuis des siècles sur Ajaccio. Puis l’exhortation du pape aux familles : « Faites des enfants, ce sera votre joie, votre consolation pour le futur. » Pour la grande histoire, il y a ce clin d’œil savoureux lors de la messe sur la place du Casone, où le pape François célèbre sous la statue ombrageuse de Napoléon Bonaparte. L’enfant du pays, qui jadis avait tenté de mettre à genoux l’Église sans y parvenir, contemple désormais sa ville natale… pavoisée de jaune et blanc en l’honneur du successeur de Pie VII. Mais la Corse est une petite île et l’histoire du pape prisonnier de l’empereur est presque oubliée. Aussi l’essentiel de cette journée se joue probablement à une autre échelle ; celle, plus profonde, plus spirituelle, du cœur des Corses, incapables de masquer leur immense fierté, pleins d’une belle gratitude pour leur pape. Ce dernier, malgré l’âge et sa santé déclinante, ne cesse jamais de sourire pendant toute sa balade ajaccienne, se donnant sans compter. « Le pape était comme à la maison », se réjouit après coup le cardinal Bustillo. En rentrant à Rome, le pape François laisse derrière lui une myriade de petites histoires que les Corses se raconteront sur des générations. « C’était un temps de grâce », assure ainsi Nadia-Lucia, une maman ajaccienne très investie dans sa paroisse. Elle garde un souvenir inoubliable du moment où la papamobile de François s’est arrêtée devant elle dans la rue. Les larmes aux yeux, elle a vu son fils Thomas, un petit garçon autiste qui n’aime généralement pas trop les grandes foules, grimper à bord du véhicule pour saluer le pape. François l’a béni avec tendresse et lui a offert un chapelet. « Thomas le garde précieusement près de son lit. C’est un enfant qui ne parle pas, mais il est très proche du Seigneur et je le vois parfois avec le chapelet dans ses mains, alors nous prions une dizaine ensemble. » Heureux comme un pape en Corse Le 15 décembre, le pape François effectue une visite d’une journée en Corse, pour participer à un congrès sur la foi populaire. Une halte joyeuse et profondément spirituelle. Par Camille Dalmas La belle histoire du mois 22 Aleteia - L’année 2025 Ci-dessus, le pape François sillonne les rues d’Ajaccio dans une ambiance festive. Ci-dessous, la ferveur populaire corse très présente lors de la messe célébrée par le pape sur la place d’Austerlitz. L’année 2025 - Aleteia 23 « Malgré l’âge et sa santé déclinante, François ne cesse jamais de sourire pendant toute sa balade ajaccienne, se donnant sans compter.

Mars FIN DE VIE La France, prête à franchir le pas ? Des députés du Nouveau Front Populaire lèvent la main pour voter contre un amendement lors du débat sur le projet de loi sur la fin de vie, dirigé par Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale. 48 Aleteia - L’année 2025 L’année 2025 - Aleteia 49 LE 11 MARS, DEUX PROPOSITIONS DE LOI SONT DÉPOSÉES à l’Assemblée nationale, la première sur la fin de vie, la seconde sur les soins palliatifs. Derrière ce geste qui relève de la procédure, c’est une question de civilisation qui surgit : qui décide du dernier souffle ? par Agnès Pinard Legry

Dans les chemises cartonnées qui circulent au Palais Bourbon ce 11 mars, se trouve une proposition de loi qui soulève les passions : autoriser l’aide à mourir, sous conditions strictes. Depuis des mois, le sujet divise les familles, les médecins, les cultes, et promet de secouer l’hémicycle. L’Assemblée a bien déjà voté un texte sur ce sujet neuf mois auparavant, mais son examen a été purement et simplement interrompu pour cause de dissolution. Alors, sous la pression des promoteurs de l’« aide à mourir », ils sont nombreux à vouloir remettre l’ouvrage sur le métier en dépit des urgences que le gouvernement doit gérer. En janvier, François Bayrou, alors Premier ministre, avait annoncé vouloir scinder le texte sur la fin de vie en deux, avec d’un côté les soins palliatifs et de l’autre l’aide à mourir. « Les soins palliatifs se sont construits en réaction aux pratiques euthanasiques. Les premiers relèvent du soin, les secondes le contredisent », réagit dans D’autant plus que les deux propositions de loi sont étudiées l’une après l’autre par les députés, prétextes à quelques acrobaties parlementaires. En commission, les amendements se succèdent, notamment pour garantir que la demande soit libre, éclairée et réversible, et que l’intervention médicale reste exceptionnelle. 305 voix pour l’euthanasie Mi-mai, pendant quinze jours, le texte est discuté en séance publique et l’Assemblée devient le théâtre de joutes passionnées. « Je le dis avec gravité : introduire l’euthanasie dans un système de soins encore si insuffisamment formé à la culture palliative serait non seulement une faute morale mais une défaite collective, prévient Patrick Hetzel, député Les Républicains (LR). Les soins palliatifs ne sont pas une solution de repli, ils sont une promesse, celle de l’humanité partagée jusqu’au bout dans le respect de la vie et de la personne. » « Quand la médecine ne peut rien, notre corps devient une prison », lui rétorque le député La France Insoumise (LFI) René Pilato. Sur ce sujet délicat, les étiquettes partisanes disparaissent par moments, les débats s’étirent, parfois jusqu’à minuit, avec plus de 2 600 amendements déposés. Le 27 mai, les verdicts tombent : 305 voix pour l’aide à mourir, 199 contre ; du côté des soins palliatifs, le texte est adopté à l’unanimité. Dans l’hémicycle, les applaudissements se mêlent aux protestations silencieuses. Les partisans de la foulée Claire Fourcade, médecin et présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap). « Le palliatif fait consensus, l’euthanasie clive. Pourquoi nous rendre otage d’un débat qui empêche d’améliorer les soins ? », renchérit-elle. Alors ce 11 mars, ce sont bien deux propositions de loi qui sont déposées, la première présentée par la députée macroniste Annie Vidal, la seconde par le député apparenté MoDem Olivier Falorni, ardent promoteur de l’euthanasie. Bien que distincts, les deux textes s’inscrivent dans la continuité des lois Leonetti puis ClaeysLeonetti, qui encadraient jusqu’ici, entre autres, la sédation profonde. Mais celui sur la fin de vie franchit un seuil inédit : permettre, sous conditions strictes, une aide active à mourir. Si les mots « euthanasie » et « suicide assisté » ne figurent pas dans le texte par un habile glissement sémantique, ils planent sur tous les débats. Rapidement, les discussions se structurent autour de deux volets : d’un côté les soins palliatifs avec un accompagnement renforcé, un droit opposable et une couverture géographique élargie ; de l’autre, l’aide à mourir, qui cristallise les tensions. À gauche, une majorité de députés applaudit l’adoption du projet de loi sur le droit à l’aide à mourir, le 27 mai. À droite, le député centriste Olivier Falorni défend le texte qu’il porte. Ci-dessous, des opposants à la loi protestent contre le vote des députés. Mars 50 Aleteia - L’année 2025 L’année 2025 - Aleteia 51

l’aide à mourir parlent d’une victoire historique, les opposants d’une « rupture anthropologique ». À l’extérieur, la société civile se mobilise. Les responsables de cultes publient une déclaration commune dénonçant le texte, tandis que le pape Léon XIV, élu quelques jours plus tôt, exhorte la France à préserver « la dignité intrinsèque de chaque personne humaine ». Des associations de patients et de familles se font entendre, certaines revendiquant le droit au choix et d’autres à la dignité jusqu’au bout. Dans les tribunes et les médias, les avertissements se multiplient. Bénévole en soins palliatifs, Erwan Le Morhedec martèle : « L’euthanasie est une dérive. » Tugdual Derville, porte-parole d’Alliance VITA, insiste : « Soigner, c’est aider à vivre, jusqu’au terme de la vie, c’est soulager et apaiser, sans acharnement thérapeutique ni euthanasie. » Et Mgr Éric de Moulins-Beaufort, alors président de la Conférence des évêques de France (CEF), interpelle directement l’exécutif : « Non, Monsieur le Président, le choix de faire mourir et d’aider à se tuer n’est pas celui du moindre mal. C’est celui de la mort tout court. » Vient l’été. Il faut encore inscrire les deux textes à l’ordre du jour du Sénat dans le cadre de la navette parlementaire pour la rentrée. Sauf que la démission de François Bayrou, le 9 septembre, chamboule tout et retarde automatiquement son examen au palais du Luxembourg. Sans gouvernement au banc, impossible 52 Aleteia - L’année 2025 de légiférer. Alors que Sébastien Lecornu arrive à Matignon et peine à former son équipe, un examen du texte en moins d’une semaine fin octobre est ajouté à l’agenda du Sénat. Le Premier ministre l’évoque brièvement dans son discours de politique générale. Sauf que l’examen du budget est prioritaire et celui des textes sur la fin de vie reporté à une date ultérieure. Une épée de Damoclès Pendant ce temps, les oppositions s’organisent et les partisans préparent leur défense. Sondages et tribunes reflètent la division des Français : un sondage Ifop souligne que plus de neuf Français sur dix (92 %) se déclarent favorables à l’euthanasie lorsque le patient, atteint d’une maladie insupportable et incurable, en formule la demande. Mais nombre d’entre eux craignent aussi des dérives potentielles et rappellent l’insuffisance de l’offre de soins palliatifs. Dans les rues, autour de la machine à café et dans les chambres d’hôpital, le sujet traverse les conversations. Un député confie : « Nous n’écrivons pas seulement une loi. Nous redéfinissons le sens que notre société donne à la mort. » Une infirmière d’un service de soins palliatifs murmure : « Le texte peut changer nos pratiques, mais il doit d’abord protéger ceux que nous accompagnons. » Pas de vote donc sur l’aide à mourir pour 2025. Mais l’épée de Damoclès demeure et son ombre plane déjà sur 2026. À Lyon, des militants disent leur ferme opposition à un droit au suicide assisté en France. Mars L’actualité en France S’il est un principe connu que le temps passé ne revient jamais, il serait bien présomptueux de prétendre que l’avenir sera par nature meilleur que l’aujourd’hui. On peut l’espérer, on le doit même en fait. Le puissant rouleau compresseur qu’une poignée de militants — loges, libres-penseurs et extrémistes de tout poil — a décidé de faire passer sur notre société, nous préparant ainsi aux lendemains qui hantent, en est une triste illustration. L’euthanasie pourrait bien ouvrir un nouveau chapitre morbide d’une histoire nationale qui, n’ayant plus de cap, choisit la douceur du sommeil collectif aux imprévus parfois douloureux de l’existence. Il faudra bien un jour expliquer cet acharnement à promouvoir une loi sur la mort alors que, dans notre société, tant de voix implorent qu’on les aide à mieux vivre. Il n’est pas neutre qu’à chaque gouvernement qui chute, à chaque majorité qui se recompose, le premier cri choisi dans l’espoir de rallier et d’unir est : « votons l’euthanasie ! ». Nous sommes devenus fous, avançant au pas qu’on nous ordonne, sans trop y croire, mais obéissant à la règle qu’il n’y ait pas d’autre voie possible. On devrait méditer les propos de Jean-Louis Touraine, fervent défenseur du « droit à mourir », qui exposait sans détour sa stratégie en novembre 2024, lors d’une conférence organisée par Le Choix – Citoyens pour une mort choisie. « Une fois que l’on aura mis le pied dans la porte, expliquaitil, il faudra revenir tous les ans et dire “on veut étendre ça”. [...] Dans la première loi, il n’y aura pas les mineurs, il n’y aura pas les maladies psychiatriques, il n’y aura même pas les maladies d’Alzheimer. [...] Après on pourra étendre les choses... » On pourra bien faire ce qu’on voudra mais aucun soin palliatif ne survivra à cette économie-là. Qui osera demain s’y opposer ? Quel sera le droit des médecins ou des établissements catholiques, par exemple, à faire valoir la clause de conscience ? On murmure que l’abdication est telle que des chrétiens baissent les bras en se disant qu’il en sera ainsi et qu’il faudra bien obéir. Quelques autres, plus inspirés, comme l’avocat Erwan Le Morhedec, tirent la sonnette d’alarme. Les médecins, concernés au premier chef, dénoncent dans leur immense majorité ce texte qui dévitalise le principe même de leur vocation. Mais rien apparemment ne saurait toucher la conscience des quelques zélateurs qui se parent des plumes de l’humanisme pour permettre à l’État, finalement, d’économiser quelques milliards sur des soins longs et coûteux qui se résumeront désormais à une injection létale. Leur première bataille — la remporteront-ils ? — est celle, comme toujours, du vocabulaire. En modifiant la sémantique, en truquant les mots au point d’appeler « bien » le mal et « mal » la recherche du bien, ils nous convoquent à vivre ce que nous croyons. Car c’est bien ainsi qu’il nous faut répondre. Le témoignage est la meilleure grammaire de la foi. En nous laissant conduire par Celui qui inspire la vérité et donne à ceux qui le veulent la capacité d’y cheminer, y compris dans la résistance respectueuse et ferme. Nous sommes devenus fous Le regard de Benoist de Sinety L’année 2025 - Aleteia 53 À chaque gouvernement qui chute, le premier cri choisi dans l’espoir de rallier et d’unir est : “ votons l’euthanasie ! ” Mgr Benoist de Sinety est curé à Lille, il chronique chaque semaine pour Aleteia.

L’actualité dans le monde L’actualité en France Mars 54 Aleteia - L’année 2025 L’année 2025 - Aleteia 55 12 mars LE VOTE PAR « ASSIS ET LEVÉ » EST OFFICIELLEMENT SUPPRIMÉ À L’ASSEMBLÉE NATIONALE par une simple modification du règlement votée à l’unanimité des députés. Une mesure pour ne pas exclure les élus dans l’incapacité de se tenir debout. 2 mars UN AN APRÈS L’INSCRIPTION DE L’IVG DANS LA CONSTITUTION, 65% DES FRANÇAIS ESTIMENT que la société devrait davantage aider les femmes à éviter d’y avoir recours, selon un sondage Ifop pour Alliance Vita sur les Français et l’avortement. 13 mars L’ARMÉNIE ET L’AZERBAÏDJAN S’ENTENDENT SUR UN « ACCORD DE PAIX » à l’issue de négociations destinées à régler des décennies de conflit entre les deux pays. L’enthousiasme est mesuré à Erevan après cette annonce. 15 mars MARK CARNEY SUCCÈDE À JUSTIN TRUDEAU COMME PREMIER MINISTRE DU CANADA. Novice en politique mais ancien gouverneur de la Banque centrale, ce catholique discret arrive au pouvoir en pleine tourmente diplomatique et commerciale avec son puissant voisin, les États-Unis. 27 mars UN TOURISTE BRITANNIQUE MAÎTRISE L’AUTEUR D’UNE ATTAQUE AU COUTEAU en plein cœur d’Amsterdam et évite un drame. Son geste est qualifié d’héroïque par la police. 31 mars MARINE LE PEN EST RECONNUE COUPABLE DE DÉTOURNEMENT DE FONDS PUBLICS dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national et condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec « exécution provisoire », c’est-à-dire prenant effet immédiatement. En image Le XV de France décroche le Tournoi des Six Nations lors de son ultime match au Stade de France et sa victoire contre l’Écosse (35-16). S’ils ratent le grand chelem cette année, ils continuent d’enchanter les supporters à chacune de leurs sorties. Máximo Napa Castro, un Péruvien de 61 ans, est un miraculé ! Parti en décembre pour quelques jours de pêche, il n’avait plus donné aucun signe de vie depuis 95 jours ! Pris dans une tempête, il avait dérivé tout ce temps dans l’océan Pacifique. De retour au bercail, il ne cesse plus de rendre grâce à Dieu pour sa survie et la joie de retrouver les siens. Le coup de cœur Le ZOOM Un séisme dévastateur en Birmanie Un tremblement de terre, de magnitude 7,7, fait 3 800 morts en Birmanie. Autour de son épicentre, à Mandalay, ce n’est que désolation. Des quartiers entiers de la deuxième ville du pays sont rasés, poussant à la rue des dizaines de milliers d’habitants. L’ancienne capitale se trouve le long de la faille de Sagaing, point de rencontre des plaques indienne et eurasienne. Par endroit, le séisme a frappé avec une telle force que le sol s’est déchiré jusqu’à six mètres. La semaine suivante, de violentes intempéries compliquent les opérations de secours et aggravent le sort des rescapés. Ce séisme dévastateur s’ajoute aux malheurs de la guerre civile qui fait rage depuis le coup d’État de la junte en 2021. Officiellement, cette dernière déclare un cessez-le-feu pour faciliter les efforts humanitaires, mais en réalité, elle le viole allègrement. Elle a promis des élections avant la fin de l’année. Un interminable feuilleton spatial Les astronautes Suni Williams et Butch Wilmore retrouvent la terre ferme après neuf mois bloqués dans la Station spatiale internationale (ISS). Initialement, les deux Américains étaient partis pour une mission de huit jours. Mais des défaillances sur leur vaisseau ont conduit la Nasa à ajourner ce voyage et à éterniser leur présence en orbite. Ce scénario a déclenché un élan mondial de sympathie à leur égard et ce sont finalement des dauphins qui les ont accueillis au large de la Floride après un amerrissage réussi. Sous les projecteurs 28 mars 15 mars 15 mars 18 mars

L’actualité dans l’Église Mars 56 Aleteia - L’année 2025 12 mars LA PAPOUASIE- NOUVELLE-GUINÉE SE DÉCLARE CHRÉTIENNE en modifiant le préambule de sa constitution. L’Église catholique locale fait part de son scepticisme et craint une instrumentalisation. 3 mars LE TROIS-MÂTS BEL ESPOIR QUITTE LE PORT DE BARCELONE AVEC À SON BORD 25 JEUNES DE TOUTES CONFESSIONS. Objectif de la goélette ? Rallier huit ports de la Mare Nostrum pour construire la paix. Le pape Léon XIV les saluera lors d’une escale au port d’Ostie en octobre. 28 mars DES SCIENTIFIQUES DÉVOILENT UNE RECONSTITUTION « LA PLUS EXACTE POSSIBLE » DU VISAGE DE THÉRÈSE D’AVILA lorsque la sainte avait 50 ans. Ils y parviennent grâce au concours de la médecine légale et des témoignages de ses contemporains. Lourdes : les mosaïques du père Rupnik masquées Elles étaient « comme deux bras d’un abuseur », selon l’évêque de Lourdes. Quelques heures avant le début de l’Assemblée plénière des évêques de France et trois jours après la Journée mémorielle de prière pour les victimes d’abus sexuels commis dans l’Église, les mosaïques du prêtre slovène Marko Rupnik, accusé de multiples agressions sexuelles, sont finalement recouvertes par des panneaux occultants sur la façade de la basilique du Rosaire à Lourdes. Sous les projecteurs Bénédiction de la première pierre de la flèche de Saint-Denis Sous les radars 400 ans Pour le jubilé des apparitions de sainte Anne à Yvon Nicolazic en 1625, le diocèse de Vannes voit les choses en grand : une gigantesque troménie de 1800 kilomètres pour traverser en un peu plus de cent jours quelque 130 paroisses. Du jamais vu. Le 7 mars, une calèche tirée par un cheval de trait breton, portant une grande statue de sainte Anne, démarre un tour du diocèse. Elle est suivie par des grappes de pèlerins au gré des étapes. L’attelage frappe les esprits, resserre les liens entre les fidèles et permet d’évangéliser ou de proposer des adorations. La Troménie de Sainte-Anne, succès populaire et spirituel, porte du fruit. Elle s’achèvera le 26 juillet au cours d’une grande messe à Sainte-Anne-d’Auray, présidée par le cardinal Robert Sarah, envoyé spécial du pape Léon XIV, qui y prononce une homélie stimulante devant plus de 30000 personnes. Le chiffre Imaginé il y a une décennie, le projet de reconstruction de la flèche de la basilique Saint-Denis est enfin sur les rails ! Le jour de la pose de la première pierre du chantier, Mgr Guillet, évêque de Saint-Denis, prend soin de la bénir lors d’une célébration sur le toit-terrasse du sanctuaire. Depuis 170 ans, la nécropole des rois de France est privée de sa tour et de sa flèche nord. Frappée par la foudre et affectée par plusieurs tempêtes, elle était devenue trop fragile et a été démontée pierre par pierre en 1847. Cinq ans seront nécessaires pour la voir à nouveau s’élever dans le ciel dionysien. 7 mars 14 mars 1er mars

Fabrice Amedeo, en solitaire avec la Vierge Marie Arrivé le 4 mars aux Sables-d’Olonne, le skipper du Vendée Globe a vécu une conversion en mer. Une semaine après son tour du monde, il se confiait à Aleteia. Par Iris Bridier C omment allez-vous après ces 114 jours en mer ? Je vais très bien. J’ai eu trois jours un peu difficiles de remise en route car à la fin de ma course, j’ai manqué de nourriture. J’avais un métabolisme qui avait chuté, j’étais fatigué, je me sentais en début de déshydratation. Donc j’ai beaucoup bu, j’ai essayé de dormir et de ne pas avoir un retour trop festif. Votre bateau avait été béni avant la course et vous aviez embarqué une petite Vierge de Rocamadour. Imaginiez-vous que cela influencerait votre course ? Ma course et ma vie ! Non, absolument pas. Quand le père Florent (recteur du sanctuaire de Rocamadour, ndlr) me propose de bénir mon bateau, je me dis qu’en acceptant, il n’y a pas grand-chose à perdre. Le père bénit mon bateau et me remet une statuette de Notre-Dame de Rocamadour. Cela ne peut pas faire de mal de partir avec la Vierge à bord ! Vous avez expliqué avoir vécu une expérience forte en mer. Laquelle ? Dans les moments difficiles, je me suis mis à prier Notre-Dame de Rocamadour pour lui demander de me protéger. Mais, je n’y croyais pas vraiment, je le faisais parce que cela me réconfortait. Arrivant dans le Pacifique, je me disais que ce serait bien que le Pacifique soit pacifique ! Le soir du 1er janvier, selon mon habitude, je fais ma petite prière pour remercier pour ce début de Pacifique calme, et là, j’entends un bruit sur le pont qui me fait sortir. Je regarde le ciel et mon œil est attiré par un grand arc de cercle vert au-dessus de moi. Après avoir réglé ma voile, je redescends finir ma prière. Puis je remonte et j’aperçois une magnifique aurore australe. Je ressens alors un immense amour qui m’enveloppe et m’habite. Je n’avais jamais ressenti cela de ma vie. J’ai eu la conviction absolue que je n’étais pas seul et que j’étais protégé. Que s’est-il passé ensuite ? J’ai contacté le père Florent pour lui raconter. Il y a vu un signe : le manteau de la Vierge Marie qui m’enveloppait et me protégeait. Il a mis des mots sur ce que j’avais ressenti. Pendant toute ma course, nous sommes restés en relation. J’aimais lire que ses prières m’accompagnaient. Évidemment, j’ai continué à prier plus que jamais et plusieurs fois par jour ! À chaque fois, je demandais la protection pour Denis (Van Weynbergh, ndlr) et Manu (Manuel Cousin, ndlr) qui n’étaient pas loin de moi, et pour tous les concurrents. C’était important de ne pas demander que des choses pour moi, et puis aussi de penser à remercier. Vous avez eu un long carême… Quand on a 114 jours seul en mer sur son bateau, on a vraiment le temps de l’intériorité. J’ai prié, et j’ai même jeûné ! Désormais, je n’ai pas envie qu’avec le retour à terre, la superficialité reprenne le dessus. Je n’ai pas envie que cette vie qui me happe éclipse cette expérience fondatrice et forte que j’ai pu vivre dans les mers du Sud. Finalement, avec Marie à bord, était-ce vraiment une course en solitaire ? Effectivement, je pourrais presque être disqualifié pour assistance dans cette course ! 58 Aleteia - L’année 2025 L’année 2025 - Aleteia 59 Dans les moments difficiles de son tour du monde en solitaire, Fabrice Amedeo, ici sur son Imoca de 18 mètres, priait Notre-Dame de Rocamadour. En cinq dates 1986 : Naissance à Château-Gontier (Mayenne) 2003 : Commence une carrière de journaliste économique 2010 : Participe à sa première Route du Rhum 2017 : Termine 11e de son premier Vendée Globe 2022 : Échappe à la mort après un naufrage dans l’Atlantique Mars Rencontre avec…

Mai LÉON XIV La surprise des cardinaux LE 8 MAI, LA PLACE SAINT-PIERRE DE ROME vibre sous les ovations de 150000 fidèles et curieux venus acclamer le nouveau pape Léon XIV, un Américain méconnu du grand public tout juste élu par les cardinaux réunis en conclave. Un moment historique. par Anna Kurian Il est 18 h 07 quand un panache de fumée blanche sort de la cheminée de la chapelle Sixtine. Un pape est élu ! La foule exulte. 72 Aleteia - L’année 2025 L’année 2025 - Aleteia 73

Fumata... bianca !!! Une clameur parcourt la foule, tandis qu’une volute épaisse s’échappe de la cheminée de la chapelle Sixtine. Sur la place Saint-Pierre, les milliers de fidèles et curieux qui attendaient, les yeux rivés sur le tube métallique pointant dans le ciel bleu, se lancent dans des ovations, bondissent en chœur autour de leur drapeau national, ou capturent le moment, téléphone en main. Au premier rang derrière les barrières de sécurité, une petite dame aux cheveux gris joint ses mains fripées, s’abandonnant à un rire tout en écrasant une larme. Comme elle, les âmes venues place Saint-Pierre en ce jour déjà historique sont bouleversées. Accentuant l’excitation qui désormais se communique aux radios, aux télévisions, aux réseaux sociaux, embrasant tous les satellites du globe, les cloches de la basilique sont lancées à toute volée, redoublant l’émotion palpable des fidèles. Certains, un sourire béat sur les lèvres, n’en croient pas encore tout à fait leurs yeux. Il est 18 h 07 ce 8 mai, et l’Église catholique a un nouveau pape après seulement 24 h de conclave. La veille déjà, dès le premier soir, ils étaient venus par milliers pour le spectacle. drastiquement séparé du monde, sans canaux de communication, hormis le tuyau de cuivre de 30 mètres relié au poêle. À charge donc aux observateurs et aux experts, improvisés ou non, de « deviner » et reconstruire après coup ce dont on ignore tout. Robert Prévost ? Qui est-ce ? D’où vient-il ? Pour le moment, le secret est total. Rien n’a filtré des murs du Vatican, aucune indiscrétion, aucun indice. Les fresques de la chapelle Sixtine protègent jalousement l’identité du nouvel élu. Partout ailleurs dans la ville, c’est l’ébullition. Dans la jungle des klaxons et des trottinettes, les taxis sont hélés – « place Saint-Pierre s’il vous plaît ! » –, les rues sont prises d’assaut par un fleuve se déversant sur la via della Conciliazione contrôlée par d’imposants dispositifs de sécurité. Voiles monastiques, poussettes, soutanes, cannes, grands-pères et petits-fils, amis, voisins, pizzaioli et ambassadeurs, tout Rome accourt, mais personne ne sait. Sur le parvis de la basilique vaticane, les cardinaux émérites sont là, un air de curiosité sur leur visage. Âgés de plus de 80 ans, ils ont participé aux réunions pré-conclave, où ils ont donné leur avis de sages pour le profil du futur pape. Ils ont ensuite laissé les électeurs décider sous la fresque du Jugement Dernier de Michel Ange… et sous l’Esprit saint. Les fanfares aussi font leur entrée en grande pompe sur la place Saint-Pierre. Les différents corps armés du Vatican – gardes suisses, gendarmes – et de l’Italie sont arrivés à une vitesse record, et défilent. Au même moment, selon un rituel millimétré, la loggia de la basilique SaintPierre est fleurie et drapée. 19 h 13. Apparaît le cardinal protodiacre. C’est Dominique Mamberti, un Français dont le mince sourire porte en cette occasion une nuance d’amusement. Dans quelques secondes, c’est sa voix qui devra annoncer le nom du nouveau pape devant un régiment de caméras. Sous Les cardinaux venaient à peine d’entrer dans la chapelle Sixtine, les portes s’étaient refermées après l’Extra omnes du maître des célébrations pontificales, et les 133 électeurs devaient procéder au premier vote. Beaucoup avaient accouru, et longtemps attendu, pour finalement voir s’échapper dans la nuit une fumée… noire, opaque, définitivement sans espoir pour ce soir. « Tu vois, je te l’avais dit, c’est encore trop tôt », glissait une femme à son mari dans la foule. Trop tôt, certes, mais bienheureux qui pouvait le prédire, puisque tout ce qui se joue dans la chapelle Sixtine est Mai 74 Aleteia - L’année 2025 L’année 2025 - Aleteia 75 À gauche, le pape Léon XIV se présente au monde depuis la loggia de Saint-Pierre. En bas, l’émotion est vive pour les fidèles qui découvrent un pape américain. Ci-dessus, les cardinaux savourent l’élection du pape en regardant la foule depuis un balcon de la basilique.

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